HAMLET de SHAKESPEARE
CRÉATION 2008

Adaptation, traduction et mise en scène de Colette Roumanoff

« Un jeune prince lucide et charmant, pris en otage par le passé de ses parents, ne réussit pas à échapper à un destin cruel.  Un terrible secret de famille lui est révélé par une apparition fantastique. Une vérité étouffée ressurgit. Que faut-il en faire ? Quel est le prix de la vengeance ? Est ce que dès le début les dés sont jetés ? Colette Roumanoff propose une traduction limpide de cette tragédie qui a traversé les siècles en posant d'une manière lumineuse la question du sens de la vie, et aussi celle du sens du théâtre, car en plein milieu de l'action des comédiens arrivent au château d'Elseneur…»

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Les confidences du metteur en scène

Une équation tragique :

Hamlet peut se résumer à une équation simple : le spectre du Roi vient révéler à son fils Hamlet qu’il a été assassiné par son frère qui lui a pris sa vie, sa femme et sa couronne. Il réclame vengeance. En cherchant à venger son père, Hamlet perd sa fiancée, sa vie et sa couronne. Shakespeare, à rebours de l’opinion commune, dénonce l’absurdité de la vengeance. Shakespeare tutoie le public et lui dit, en substance : « Regarde Hamlet, prince noble et généreux. Vois ce qui lui est arrivé. Qu’aurais-tu fait à sa place ?».

hamlet combat ophelie

Confidences du metteur en scène :

Beaucoup d’images poétiques de Shakespeare sont riches de sens et passent merveilleusement l’obstacle de la traduction. Hamlet regarde la mort droit dans les yeux quand il s’adresse au crane de Yorick le bouffon. J’aimerais que le spectateur, en quittant la salle, regarde la mort d’un œil différent.

A l’occasion de la traduction d’une œuvre dramatique, certains considèrent qu’il ne faut pas s’éloigner du texte original, quitte à ce que le texte soit parfois obscur. Ma démarche est inverse. Les œuvres sont pour moi des nourritures qui, pour être assimilées, doivent d’abord être comprises.

Quand les anglais mettent en scène Shakespeare, quatre siècles d’histoire les regardent. La tradition pèse d’un poids énorme sur leurs épaules. Jouer Shakespeare en français ouvre un espace de liberté plus grand. Je travaille depuis plus de dix ans sur ce texte, à la recherche d’une écriture qui permette au spectateur de comprendre et de ressentir les émotions des personnages, une écriture qui ne fasse pas écran à la tragédie.

Quand je monte une pièce de Molière, il arrive que des spectateurs me demandent avec inquiétude si j’ai changé le texte, tellement ils sont surpris d’avoir tout compris. En effet, si certaines tournures de Molière ne sont plus couramment utilisées, le jeu de l’acteur suffit à les rendre parfaitement intelligibles. Il n’en est pas de même d’une traduction imprégnée d’anglicismes et de formules obscures. Celles-ci obligent le spectateur à tenter de retraduire certaines phrases pour y trouver un sens, pendant que l’action avance. Les formes poétiques de Shakespeare n’ont pas toutes un écho naturel en français. Par  exemple : « I do not set my life a pin’s fee »
« Je n’estime pas ma vie au prix d’une épingle » F-V Hugo
« Je ne gagerai pas ma vie contre une épingle » A. Gide
« Je ne prise pas ma vie la valeur d’une épingle » J. Malaplate et José Corti
« Je ne met pas ma vie au prix d’une épingle » Jean-Michel Desprats
« Je ne donne pas à ma vie la valeur d’une épingle » Henry Suhamy
Toutes ces traductions sont exactes, parfaites en un sens, sauf qu’en français, le sens que Shakespeare voulait y mettre est perdu. Ici j’ai traduit : « Ma vie ne vaut pas un clou ».  Alors, tout le monde comprend.

La question du sens de la vie :

Shakespeare poursuit son interpellation du public en convoquant la mort dans sa formule célèbre : « to be or not to be …» et en la montrant de manière à chaque fois surprenante : d’abord le spectre sorti de son tombeau, ensuite Hamlet dans le cimetière qui s’adresse au crane du bouffon, l’enterrement d’Ophélie, et le carnage final.  Shakespeare dit au spectateur : « Tu es mortel, mon ami. Regarde un peu la vie avec lucidité. Ne te laisse pas abuser par les mensonges, les faux-semblants, les bonnes causes, les raisons d’Etat, etc. » Ce qui rend la tragédie d’Hamlet universelle, c’est que l’on reconnaît dans l’apparition du spectre les figures du passé et de l’inconscient qui empoisonnent et emprisonnent les êtres humains. Comment se délivrer du passé ? Comment gouverner sa vie ? Shakespeare ne donne pas de réponse. Il met toutes les questions dans la bouche d’Hamlet.

chateau horatio

Sur le théâtre :

Hamlet explique aux comédiens qui arrivent au château d’Elseneur ce qu’est le théâtre, à quoi il sert et comment on doit jouer. Le spectateur doit pouvoir se reconnaître dans le miroir qu’il lui tend. Pour Shakespeare, le théâtre est une expérience de vie qui se doit d’être bouleversante. Ce n’est pas une distraction superficielle. La mise en scène vise à amener le spectateur à s’interroger sur sa propre vie et sur sa mort. Cela implique une participation active du spectateur à ce qui se joue sur scène.

le roitete demortpolonius




Calendrier

calendrier
lundi 27 octobre 2008 20h30 Tout Public Fontaine
lundi 3 novembre 2008 18h Tout Public Fontaine
lundi 10 novembre 2008 18h Tout Public Fontaine
mardi 11 novembre 2008 14h30 Scolaire Fontaine
dimanche 30 novembre 2008 19h Tout Public Fontaine
samedi 6 décembre 2008 17h Tout Public Fontaine
vendredi 12 décembre 2008 20h30 Tournée Saint Rémy
samedi 7 mars 2009 17h Tout Public Fontaine
samedi 14 mars 2009 17h Tout Public Fontaine
dimanche 15 mars 2009 19h Tout Public Fontaine
jeudi 18 mars 2009 14h15 Scolaire Fontaine
samedi 21 mars 2009 17h Tout Public Fontaine
dimanche 22 mars 2009 19h Tout Public Fontaine
samedi 4 avril 2009 17h Tout Public Fontaine
dimanche 5 avril 2009 19h Tout Public Fontaine
lundi 6 avril 2009 20h30 Tout Public Fontaine
dimanche 19 avril 2009 19h Tout Public Fontaine


Distribution

latroue

Félicien Delon : Hamlet, Prince de Danemark

Jean-Marc Menuge : Claudius, Roi de Danemark

Anne-Dorothée Lebard : Gertrude, Reine de Danemark

Renaud de Manoël : Polonius, premier ministre / Prêtre/voix du Spectre 

Sophie Raynaud : Ophélie, fille de Polonius

Simon Gleizes : Laerte, fils de Polonius / Premier Comédien

Laurent Sroussi : Horatio, ami d’Hamlet

Patrick Alluin : Rosencratz, ancien condisciple d’Hamlet /  Deuxième Comédien / Fossoyeur / Osric 

Frank Viscardi : Guildenstern, ancien condisciple d’Hamlet / Fossoyeur / Gentilhomme

Carine Montag : Baptista, comédienne / Dame de la Cour